Le syndrome de l'imposteur : pourquoi nous hante-t-il tant ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

On entend parler partout du syndrome de l’imposteur, les blogs, les articles de développement personnel, et beaucoup dans les podcasts… Pour savoir si vous aussi vous en êtes atteint, vérifiez que vous cochez ses cases. Il y en a trois:

- l'impression de tromper son entourage, de ne pas être à la hauteur de ne pas mériter sa situation ou sa place actuelle.

- la mauvaise attribution, c'est à dire attribuer sa situation à des facteurs essentiellement externes comme la chance le hasard ou une erreur. Vous avez eu une bonne note, un super boulot, une augmentation, mais ce n’est pas grâce à vous, non non, vous étiez juste au bon endroit au bon moment, ou ce sont vos relations c’était juste vraiment facile…

- et puis il y a la peur qui en découle de pouvoir un jour ou l'autre être démasqué par les autres, qui est une peur irrationnelle dans la mesure où tous les indices objectifs de compétences et d'intelligence sont là, mais vous restez avec cette peur là.

Si vous cochez toutes ces cases, alors vous êtes atteint.e de ce syndrome. Mais rassurez-vous, car selon Pauline Rose Clance, l’une des psychologues à l’origine de l’identification du phénomène dans les années 70: 60 à 70% de la population mondiale peut être amené à ressentir au moins une fois dans sa vie, les effets du syndrome de l’imposteur. Dans cet épisode, nous essaierons de comprendre pourquoi il nous hante tant!

A lire sur le sujet
- la psychologue Pauline Rose Clance, autrice du Complexe d’imposture ou comment surmonter la peur qui mine votre sécurité publié chez Flammarion. Elle a aussi mis au point un test pour nous aider à savoir si on est concerné par le syndrome.
- le psychologue Kévin Chassangre qui a co-écrit le livre Cessez de vous déprécier : se libérer du syndrome de l’imposteur publié aux éditions Dunod, et
- la psychiatre, neuroscientifique et coach Tara Swart qui a écrit La Source publié aux éditions Leduc.s.

Et vous, êtes vous parfois atteint du syndrome de l’imposteur et si c’est le cas, comment faites-vous pour y faire face quand vous le ressentez ? Racontez-le nous sur Instagram, Twitter ou à hello@louiemedia.com.

La gratitude : pourquoi nous fait-elle du bien ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Voici arrivé le dernier épisode de la première saison d’Émotions. Avant de faire une pause d’été, on a voulu explorer ce qui nous aide à aller mieux, à profiter de la vie et de tous ces petits moments. Parmi les choses qui nous font du bien, il y a la gratitude, une émotion que la psychologie a commencé à étudier il y a à peine 20 ans. Depuis le début des années 2000, des chercheurs se sont aperçus que ressentir de la gratitude au quotidien pouvait nous rendre plus heureux.

Rebecca Shankland, chercheuse en psychologie positive à l’Université de Grenoble et autrice du livre Pouvoirs de la gratitude, nous explique comment se sentir reconnaissant.e au quotidien. Anne-Solange Tardy, autrice du blog Cachemire et Soie et des ateliers de photo Instagratitude nous raconte comment la gratitude a changé sa vie. Grâce à Sariaka Ramarlah, on explore les limites de la gratitude au quotidien. Romain Jourdheuil enfin nous explique comment la gratitude peut-être bénéfique à l’échelle collective –celle d’une entreprise, d’un couple ou d’une famille par exemple. 

Depuis les découvertes de la psychologie positive, la gratitude est devenue plutôt à la mode. Avec Christine My Better Place, coach en rangement, on s’intéresse à cette pratique inspirée du livre de Marie Kondo, La Magie du rangement, qui consiste à faire le tri dans nos affaires en éprouvant de la reconnaissance pour les choses qui nous ont servies et dont on se débarrasse. La gratitude, un outil pour améliorer nos vies ou effet de mode ?

L’inquiétude : vivons-nous dans une société particulièrement inquiète ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Dans ce quatorzième épisode d’Émotions, Maud Benakcha et Amel Almia, deux journalistes de Louie, se confrontent à leurs propres inquiétudes. Elles sont inquiètes pour l’écologie, pour leur avenir, pour leur carrière : tout, à 25 ans, leur semble si incertain. Bien plus que pour les générations précédentes. Alors elles se sont demandées : vit-on dans une société particulièrement inquiète ? Sommes-nous, à 25 ans, à un âge où tout semble plus menaçant ? Que faire quand ce sentiment obscurcit notre horizon ? 

Pour répondre à ces questions, elles ont interrogé Myriam Klinger, une sociologue chercheuse au Laboratoire des dynamiques européennes à l’université de Strasbourg. Amel Almia a beaucoup réfléchi à la manière dont l’inquiétude s’incarne, chez elle en Suisse, par la présence d’un bunker anti-atomique dans presque chaque immeuble d’habitation. C’est Silvia Berger Ziauddin, historienne spécialiste des bunkers qui nous aide à comprendre l’origine de cette particularité. Et enfin, grâce à l’histoire de Camille, membre de l’association étudiante Lupa de la Sorbonne, on s’interroge sur la manière dont l’inquiétude nous pousse à agir, à chercher des solutions au-delà de nous-mêmes. 

S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com. 

L’espoir : nous permet-il d’avancer ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

La guerre de Troie terminée et gagnée, Ulysse prend la mer pour rentrer chez lui, à Ithaque, son île, retrouver sa femme Pénélope, son fils Télémaque et son chien. Sauf que vous connaissez la suite, Ulysse se perd en chemin et vit des aventures folles pendant dix ans : c’est l’Odyssée. Et que fait sa femme, Pénélope pendant que son mari fait la guerre et vogue à travers le monde ? Que fait-elle pendant vingt ans ? Elle l’attend. Elle entreprend de tisser et retisser la même tapisserie, croyant dur comme fer au retour de son mari.

L’espoir de Pénélope est-il la force qui lui permet de tenir toutes ces années, sans savoir si son mari rentrera un jour ? Ou est-ce au contraire un poids qui l’empêche de refaire sa vie ? Dans ce treizième épisode, Iris Ouédraogo cherche à comprendre ce qu’est l’espoir. Est-ce un moteur qui nous permet d’atteindre nos rêves ou est-il, au contraire, contemplatif ?

D’un côté, Jonathan Daudey, philosophe, défend l’idée que cette émotion nous empêche de trouver des portes de sortie à des situations qui ne nous conviennent pas, au risque de nous rendre même carrément apathiques. De l’autre, Charles-Martin Krumm, chercheur en psychologie et ancien boxeur de haut niveau, étudie la manière dont l’espoir nous permet ou non de nous réaliser. Avec son équipe, il a même mis au point un “test d’espoir” qui permet de voir si nous sommes naturellement plus ou moins enclin à en éprouver.

Pour répondre à cette question, nous avons également deux histoires. Celle de Laura, qui a attendu, longtemps, que l’homme qu’elle aimait quitte sa femme pour être avec elle. De l’autre Virginie Dedieux, triple championne du monde de natation synchronisée qui a toujours cru qu’elle pouvait décrocher ces médailles. La différence ? Virginie Dedieux, elle, pouvait travailler pour atteindre son but.

Et vous, avez-vous beaucoup d’espoir ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

Le rire: qu’est-ce qui fait que parfois on est le seul à ne pas rire ?

ILLUSTRATION : JEAN MALLARD

ILLUSTRATION : JEAN MALLARD

Lorsqu’on rit d’une même chose, ou lorsqu’on fait rire quelqu’un, c’est parce qu’on reconnaît ce qu’il y a de commun entre nous. On reconnaît par exemple la drôlerie d’un jeu de mots parce qu’on voit bien l’image incongrue qu’il fait naître. Si vous demandez à quelqu’un comment il va et qu’il vous répond “Imhotep”, vous pourrez rire ensemble d’avoir tous les deux vu Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, et d’avoir partagé, peut-être à la même époque, une référence culturelle.

Mais parfois, la situation ne vous fait pas rire... Comme lorsqu'Adélie Pojzman-Pontay s'est rendue au cours de yoga du rire de Françoise Rousse, la fondatrice de l'Université du rire et qu'elle était super gênée. Contrairement aux autres participants comme Zaia et Simon qui riaient à gorge déployée.

Alors pourquoi est-ce que dans certaines situations, on n'arrive pas à rire ? Pourquoi on n'arrive pas toujours à entrer dans le truc et décocher des flèches de rire avec les autres ? Qu'est-ce qui fait que parfois on se retrouve seul dans une pièce où tout le monde rigole autour de nous et que l'on se demande "mais pourquoi” ?

Comme toutes nos émotions, le rire peut s'exprimer de manière sincère, mais il est codé. Pour nous aider à le décortiquer, nous avons interrogé David Le Breton, sociologue à l'université de Strasbourg et Eric Smadja, psychiatre et psychanalyste. L'humoriste Shirley Souagnon nous explique les mécanismes de la langue française avec lesquels jouent les humoristes pour créer leurs sketchs. Des mécanismes et un style propres à chaque pays. Nous avons échangé avec Ingri. Elle vient de Norvège et l'humour français ne lui semble pas toujours évident. Tamara Guénoun, psychologue clinicienne auprès d'enfants et d'adolescents avec autisme et maître de conférence à Lyon II nous apprend pourquoi les personnes avec autisme n’ont pas accès à tous ces codes qui permettent au rire d’émerger. Comme Thomas Poncelet qui est consultant conférencier sur les thématiques liées à l'autisme et atteint du syndrome d'Asperger et Valérie Jessica Laporte, une québécoise de 41 ans a appris à rire avec le syndrome d’asperger.


David Le Breton a publié Rire, une anthropologie du rieur aux éditions Métaillé

Eric Smadja a publié Le Rire aux éditions Puf

La résilience: comment redonner du sens à sa vie après un traumatisme?

Dans ce nouvel épisode d’Émotions, vous allez rencontrer trois personnes. Elles ont chacune vécu un traumatisme: Marie-Line Silvert un accident, Nadalette La Fonta Six une opération et Hervé Zabukovec, une agression sexuelle.

ILLUSTRATION: JEAN MALLARD

ILLUSTRATION: JEAN MALLARD

Lorsque certains événements nous tombent dessus, ils sont tellement difficiles à vivre, tellement violents et lourds, qu’il est presque impossible de les comprendre. Que faire, quand de telles catastrophes chamboulent l’ordre de notre vie? Comment dépasser un traumatisme? Qu’est-ce que cette résilience, qui se joue dans les mois ou les années qui suivent ce bouleversement?

Murielle Villani est psychologue clinicienne et chercheuse. Elle a étudié la résilience au sein des familles confrontées à la maladie chronique rare d’un enfant. Elle nous accompagne tout au long de l’épisode pour comprendre le processus et les facteurs de la résilience. Line Bernier est psychologue. Elle a exercé de nombreuses années au service correctionnel du Canada où elle exerçait comme psychologue correctionnel. Aujourd’hui, elle s’investie dans le centre de services de justice réparatrice de Montréal. Elle travaille avec des victimes et des agresseurs pour qu’il.elle.s se reconstruisent après un crime.

Nous comprendrons comment Nadalette La Fonta Six, Hervé Zabukovec et Marie-Line Silvert ont fait pour se relever, au sens propre comme au sens figuré, de leur traumatisme.

Nadalette La Fonta Six a publié Le roseau penchant, histoire d’une merveilleuse opération aux éditions Fauves.

Êtes-vous quelqu’un.e de résilient.e? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou à hello@louiemedia.com.



La surprise: pourquoi c’est une émotion pas comme les autres?

Imaginez, vous rentrez du boulot. Votre programme, c'est de commander à manger et de regarder le dernier épisode de votre série du moment. Vous montez les escaliers de votre immeuble, vous tournez la clef dans la serrure, vous ouvrez la porte de chez vous et là... dans votre entrée, vous voyez tous vos amis qui crient: "Surprise!". C'est un fait, il s'agit d'une surprise et vous, vous êtes surpris.e. Mais est-elle bonne ou mauvaise?

Illustration: Jean Mallard

Illustration: Jean Mallard

En fait, la surprise, contrairement aux autres émotions (la tristesse est négative, la joie positive) peut être soit l'un, soit l'autre, en fonction de son contenu. Par exemple, une facture imprévue est généralement une mauvaise surprise alors qu'une fête organisée par vos amis sans que vous soyez au courant, est normalement bonne. Cela dépend encore des personnes qui se trouvent dans votre appartement au moment où vous avez ouvert la porte, s'il s'agit de personnes que vous détestez ou de vos plus proches amis.

Le caractère négatif ou positif de la surprise dépend aussi de vous. Vous faites peut-être partie de celles et ceux qui sautent de joie face à une soirée imprévue. Mais vous pouvez aussi faire partie de ces personnes qui détestent être prises de court, et qui, même face à la plus belle des surprises ressentiront de la peur et de la colère.

Ce caractère ambivalent de la surprise est le point de départ des recherches menées par Natalie Depraz, professeure de philosophie à l'université de Rouen. Elle et Thomas Desmidt, psychiatre au CHU de Tours travaillent avec d'autres chercheurs sur la surprise depuis 2012. Grâce à leurs expériences, ils décortiquent cette émotion. Plus encore, ils remettent en cause la classification de la surprise, est-elle même une émotion? Ce qui est sûr, c'est que c'est une émotion à part.

Dans cet épisode, nous remontons à l'histoire de la classification des émotions. Les émotions primaires, le bleu, le jaune et le rouge des émotions sont: la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût et la surprise. Comment ont-elles été catégorisées? Et y aurait-il eu une erreur? L'équipe de chercheurs français tend à enlever la surprise de cette liste et ils nous expliquent pourquoi.

Et vous, avez-vous déjà vécu une grosse surprise ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou à hello@louiemedia.com.

La frustration : comment peut-elle prendre des proportions démesurées?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Nous sommes à Melbourne en 2012, c’est le deuxième tour de l’Open d’Australie. Le chypriote Marcos Baghdatis affronte Stanislas Wawrinka, un joueur suisse, et le match se passe mal. Wawrinka mène à tous les sets, et Baghdatis ne fait que perdre pieds. Jusqu’au moment de trop, où pendant une minute et demi de pause, le joueur chypriote est si frustré qu’il passe ses nerfs sur son matériel et casse, en l’espace de 40 secondes, quatre raquettes –dont deux, encore emballées. Frustré par son jeu et la défaite qui se profil, il pète complètement les plombs sous les huées du public.

Ce genre de moment où on désespère de faire quelque chose, où les choses ne marchent pas comme on voudrait, tout le monde en connaît. La frustration monte, comme la pression dans une cocotte minute, jusqu’au moment où vous n’en pouvez plus, et c’est l'éruption.

Il y a une discipline où la frustration se fait énormément sentir, et où elle est particulièrement dangereuse… c’est le poker. Cette frustration qui monte, parce que les choses ne se passent pas comme prévues, et qui donne envie de tout envoyer balader, de tout casser, dans le poker, ça a un nom : c’est ce qu’on appelle, le tilt.

Guillaume Darcourt, ancien joueur de poker professionnel et champion international, nous raconte l’un de ses tilts les plus mémorables, ce moment où la frustration prend le dessus. Nous rencontrons également Axelle Moreau, psychologue clinicienne et chercheuse en psychopathologie à l’université de Laval au Québec, qui est experte du phénomène du tilt au poker. Pier Gauthier, le coach mental de Guillaume Darcourt mais aussi celui de joueurs de tennis comme Sébastien Grosjean et Gaël Monfils, nous éclaire sur manière dont il les aide à désamorcer la frustration pour réussir à continuer à se concentrer sur la partie.

Enfin nous faisons aussi un détour par l’esport, où le tilt est aussi un risque, avec Kayane, championne internationale de jeux de combats comme SoulCalibur. Sean Ross, analyste de données à Facebook, auteur pendant son temps libre du site d’analyse de données Datallama et joueur de League of Legends, nous explique quelles conclusions il a tirées a analysé plusieurs millions de parties de League of Legends pour comprendre l’impact du tilt sur son jeu et trouver comment y remédier.

Un grand merci à Laurent Dumont, Club Poker et Club Poker Radio pour leur aide sur cet épisode.

Et vous, êtes-vous sujet au tilt, à la frustration ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

La vengeance : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose de se venger ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Dans ce nouvel épisode d’Émotions, nous nous interrogeons sur l’origine de la vengeance. Pourquoi, quand quelqu’un nous fait du mal, notre premier réflexe c’est d’imaginer le mal qu’on pourrait lui faire en retour ? D’où vient ce désir qui semble à la fois si juste alors même que la société l’interdit ? Est-ce que ça fait de nous des monstres si notre première envie quand on a été blessé, c’est de faire mal en retour ? Si on peut ressentir ce désir de vengeance au quotidien –lorsque votre coloc vous a encore laissé sa vaisselle sale ou lorsqu’un collègue vous a humilié en réunion– rares sont les personnes qui passent à l’acte.

Elizabeth, elle, l’a fait. C’est une femme d’une trentaine d’années, assistante maternelle à Nantes, et le jour où un ex la largue de manière lâche et mesquine, elle ne revêt pas la combinaison jaune d’Uma Thurman mais invente une autre identité, une femme imaginaire, sur mesure, pour charmer et mener en bateau celui qui ne l’a pas respectée.

Francesca Giardini, chercheuse en sciences cognitives et autrice d’un livre sur la vengeance et le psychanalyste Gérard Bonnet nous éclairent sur les raisons qui nous poussent à rêver de vengeance et à y résister. Ils nous aident à comprendre ce qui nous semble satisfaisant dans la vengeance alors même que la réalité est peut-être moins savoureuse. Car se venger nous permet-il d’apaiser notre souffrance ? Patrizia Lombardo, professeure honoraire de littérature de l’université de Genève jette le doute avec l’exemple de la duchesse de Sierra-Leone, femme adultère et vengeresse dans la nouvelle de Barbey d’Aurevilly, La Vengeance d’une femme.

Et vous, vous êtes-vous déjà vengé ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

La compersion : peut-on apprendre à être heureux du bonheur de l’autre ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Tout le monde connaît la compassion. C’est, selon le Larousse, “un sentiment de pitié qui nous rend sensible aux malheurs d’autrui.” Et si on vous disait que la compassion avait une cousine éloignée et potentiellement beaucoup plus sympa ? Une cousine américaine, née dans les années 70 en Californie. Elle se veut libre, légère et révolutionnaire comme pouvait l’être San Francisco à cette époque-là. Son nom, c’est la compersion.

La compersion, c’est le bonheur qu’on peut éprouver lorsqu’on est témoin du bonheur ou de la joie de quelqu’un d’autre. Dans cet épisode, nous partons à la découverte de cette émotion relativement inconnue, dérivée de l’empathie, et de ce qu’elle pourrait nous apporter. Nous partons d’abord en Californie pour comprendre dans quelle contexte elle est née : Tom Reichert, un ancien membre de la communauté utopique Kerista, nous raconte une séance de spiritisme similaire à celle qui aurait vu apparaître ce mot. Depuis, la compersion s’est diffusée principalement dans les milieux pratiquant le “polyamour” ou “amours plurielles” –c’est-à-dire avoir plusieurs relations intimes en parallèle, de manière assumée, transparente et consentante. C’est un quatuor amoureux –celui de Gabrielle, Laurent, Fanny et Solal– qui nous raconte comment la compersion émerge et se vit au quotidien, parfois difficilement, et comment elle coexiste avec la jalousie et la peur de l’abandon.

Marie-Isabelle Thouin Savard, chercheuse en psychologie de l’université du California Institute of Integral Studies, Isabelle Broué, réalisatrice du film Lutine, François Simpère, ”papesse du polyamour”, journaliste et autrice du Guide des amours plurielles, décortiquent le concept et sa construction psychologique et sociale. Enfin Christophe Gautier, sociologue spécialiste du couple à l'université Paris Descartes et Katherine Aumer, une chercheuse en psychologie sociale de l’université de Hawaii expliquent comment la compersion peut modifier notre vision du couple, du rapport à l’autre et peut-être nous donner plus d’occasion pour être heureux.

Lutine, le film d’Isabelle Broué, sera diffusé le vendredi 5 avril à 20h30 au Studio Luxembourg-Accatone dans le 5e arrondissement à Paris. D’autres projections sont prévues notamment à Lausanne, Toulouse, Nantes.

Le 9 mars, Françoise Simpère a publié le Nouveau guide des amours plurielles aux éditions Autres Mondes, une version augmentée de son ouvrage de 2009.

Et vous, avez-vous déjà ressenti de la compersion ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.


La confiance en soi : comment peut-on apprendre à la ressentir ?

Illustration : Jean Mallard

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Vous vous souvenez peut-être d’avoir ânonné dans votre enfance les fables de La Fontaine, pour apprendre par coeur l’histoire du corbeau et de son camembert, de la cigale qui dépense sans compter, ou de la grenouille qui gonfle comme un ballon. Peut-être vous êtes-vous demandé à quoi rimaient ces histoires d’animaux bavards et pourquoi il était si important de se souvenirs de leurs leçons de morale. Et si on vous disait que la fable du chêne et du roseau pouvait vous aider à comprendre la confiance en soi ?

C’est ce que nous apprend dans cet épisode François Vialatte, un chercheur en sciences cognitives à l’ESPCI. Il nous a aidé à décortiquer les mécanismes de la confiance en soi, comment ils se construisaient et fonctionnaient en nous. Les chercheurs Jérôme Sackur de l’EHESS et Jan Stets, de l’université de Californie, nous aident à comprendre le rôle que joue les autres dans la construction, ou la destruction, de notre confiance en nous.

Nous avons aussi voulu comprendre comment ça se passait dans la tête des gens qui avaient vraiment confiance eux. Vous savez, ceux qui entrent dans une pièce et captent l’attention immédiatement, ceux qu’on écoute toujours et pas parce qu’il parlent plus fort, ces personnes dont la confiance émanent d’eux comme un halo magique. Pour cela, Cyrielle Bedu, une des journalistes de Louie, part à la recherche d’une fille qui dégageait énormément de confiance dans son lycée, pour comprendre si elle avait conscience de renvoyer cette image quinze ans plus tôt. Nous discutons aussi avec Navo, l’auteur, scénariste et réalisateur des séries humoristiques Bref et Serge le Mytho. Lui aussi a la réputation d’avoir énormément confiance en lui. Avec son amie, l’autrice Navie, nous essayons de comprendre d’où lui vient cette confiance en lui presque inébranlable.

Et vous avez-vous confiance en vous ? Avez-vous appris à la ressentir ? S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.


La culpabilité : y a-t-il une bonne dose avec laquelle on peut vivre ?

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Dans Expiation, un roman de Ian McEwan, une jeune fille de 13 ans, Briony, fait une déposition à la police. Elle affirme avoir vu, et pouvoir identifier avec certitude, le violeur de sa cousine. Mais dans cette déposition, elle ment. Elle sait qu’elle ment mais s’évertue à se convaincre du contraire. Elle qui se rêve écrivain, joue avec le pouvoir que la fiction lui donne, le pouvoir de faire croire, le pouvoir de faire de la fiction une réalité. Ce mensonge va détruire la vie de ses proches, de ceux qu’elle aime. Que faire, en grandissant, de cette culpabilité originelle, de cet acte qui a causé tant de mal, tant de douleur autour d’elle ? Comment continuer sa vie avec cet acte en toile de fond ? Y a-t-il une juste dose de culpabilité ?

C’est la question qu’on se pose dans ce cinquième épisode d’Émotions : que faire de la culpabilité ? Comment vivre avec ? Dans cet épisode, nous allons à la rencontre de deux personnes, l’une culpabilise pour tout, tout le temps. L’autre, a commis un crime quand elle avait 21 ans. Cet homme vit depuis avec le souvenir de ce crime et a dû apprendre à reconstruire sa vie au-delà de ce moment, pendant et après la prison.

Pour guider notre réflexion et nous aider à comprendre les ressorts de la culpabilité, nous avons rencontré Aurélien Graton, un chercheur en psychologie de l’Université Savoie-Mont Blanc et Magali Bodon-Bruzel, psychiatre et directrice de pôle à l’hôpital psychiatrique de la prison de Fresne.

Et vous, ressentez-vous beaucoup de culpabilité ? N’hésitez pas à nous raconter vos histoires sur Twitter ou sur Instagram. S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

Le pouvoir : est-ce agréable de se sentir puissant.e ?

Illustration : Jean Mallard

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Au sens le plus strict, pouvoir, c’est être en capacité de faire quelque chose. C’est une porte ouverte sur de nouvelles expériences de vie, de nouvelles sensations. Votre coeur qui palpite en dévalant une pente à vélo pour la première fois sans les petites roulettes, prendre le volant d’une voiture seul.e une fois votre permis en poche. Vous avez comme de l’électricité qui traverse vos membres, remonte votre colonne vertébrale. Vous crépitez à l’intérieur, de peur et d’excitation. Dans la langue, on distingue “pouvoir de” et “pouvoir sur”. Une petite préposition et les images évoquées sont bien différentes. Avoir le pouvoir “sur”, c’est souvent avoir le pouvoir sur une situation ou sur d’autres personnes. Ça peut être le pouvoir de faire changer les choses, une situation sur laquelle on peut avoir une emprise. Ça aussi, ça peut être exaltant. Mais c’est aussi être en position d’autorité sur d’autres. Vos enfants si vous en avez, vos employé.e.s, vos “N-1” comme on dit dans le monde de l’entreprise. Le pouvoir, certains le cherchent, le briguent, font tout pour y accéder. Il offre un statut social, une contenance, le respect des autres éventuellement. Dans notre société, le pouvoir est érigé en idéal, un but auquel il faudrait aspirer : une promotion, un poste de manager, un mandat peut-être même.

Mais une fois ce pouvoir acquis, est-ce si agréable d’en être en possession ? Quel effets a-t-il sur nous et comment faire pour résister à ses excès ? Et s’il était possible de penser le pouvoir autrement, au delà des rapports verticaux de hiérarchie ? Et si on pouvait trouver en nous ce sentiment de puissance, si on pouvait le construire et en être assurée, même dans les moments où d’autres essayent de nous écraser ?

Dans cet épisode, nous rencontrons Christian Verrier, un homme qui a tout fait pour refuser le pouvoir qu’on voulait lui conférer ; Sabine Parisis, DRH, qui a toujours voulu accéder à un poste important mais qui très tôt dans sa carrière a pris conscience des abus vers lesquels ce pouvoir pouvait mener ; et enfin, Marie Dasylva, qui est coach et travaille exclusivement avec des personnes non-blanches qui font face à des situations de discriminations raciales et sexistes dans le monde professionnel. Elle nous explique à travers son parcours comment après avoir subie la puissance abusive des autres, elle avait reconstruit et nourrit une puissance qui lui était propre et qu’elle cherche aujourd’hui à transmettre aux personnes qu’elle coach. Sebastian Dieguez, un chercheur en neuropsychologie de l’université de Fribourg, nous apprend à quel point le le pouvoir peut nous changer, malgré nous.

Un grand merci à Elizabeth Tran et Nicky Gentil, autrice de Petits dialogues en taxi, d’avoir prêté leur voix à la lettre de Clementine Churchill.

Quelle relation avec-vous avec le pouvoir ? Le recherchez-vous ? En avez-vous peur ?  N’hésitez pas à nous raconter vos histoires sur Twitter ou sur Instagram ! S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, vous pouvez nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

L’amitié: comment sait-on qu’on est ami.e avec quelqu’un ?

Illustration: Jean Mallard

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La culture populaire est fascinée par les relations amoureuses. Des rom-coms, dont tout le scénario tend vers la scène du baiser, aux adaptations cinématographiques de grands classiques, comme Anna Karénine ou Orgueil et Préjugés qui mettent en scène les tourments amoureux: il existe des centaines de films et de livres qui explorent différentes manières de tomber et d’être amoureux. A côté de ces personnages en quête d’amour éternel, il y a souvent des amis. Ils sont là, ce sont des confidents attentifs, qui vous accompagnent dans les bars pour draguer et vous achètent de la glace quand vous vous êtes fait larguer. Tout au plus y a-t-il une scène de vague jalousie, souvent au sujet d’un intérêt amoureux d’ailleurs. A côté de l’amour, l’amitié semble toujours tiède et accessoire. Elle est toujours représentée comme ayant les atours de la facilité. On voit rarement des personnages devenir ami.e.s et vivre des tourments amicaux.

Comment faire quand dans nos vies, l’amitié n’est pas si évidente ? Si on trouve ces relations plus difficiles à naviguer que l’amour justement car elles n’ont aucun cadre, aucun passage obligé –ni premier baiser, ni premier je t’aime, ni rupture radicale ? Comment on sait qu’on est ami.e avec quelqu’un ? Est-ce qu’il y certaines sensations, certaines émotions, que l’amitié est censée nous faire ressentir ?

Dans ce troisième épisode d’Émotions, Adélie Pojzman-Pontay cherche des pistes pour répondre à ces questions qui la taraudent depuis l’enfance. Elle refait le chemin de ses propres amitiés pour essayer de comprendre pourquoi l’amitié lui a toujours paru si compliquée. Saverio Tomasella, docteur en psychologie, psychanalyste et auteur Ces amitiés qui nous transforment l’aide à comprendre les ressorts psychologiques de l’amitié et Anne Vincent Buffault, historienne des sensibilités, autrice d’une Histoire de l’amitié et de L’Exercice de l’amitié, lui racontent comment les signes de l’amitié n’ont pas toujours été aussi flous en fonction des époques.

Et vous, comment savez-vous que vous êtes ami.e avec quelqu’un ? N’hésitez pas à nous raconter vos histoires d’amitiés, de doutes ou de certitude sur Twitter ou sur Instagram ! S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, n’hésitez pas à nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.

La souffrance: que ressent-on quand quelqu’un nie notre douleur ?

Illustration: Jean Mallard

Illustration: Jean Mallard

Qu’est-ce qu’on dit quand on dit “j’ai mal” ? Exprimer sa douleur, que ce soit en s’adressant à un proche ou à un médecin, c'est faire confiance à l’autre pour vous écouter. Cela demande du courage : on peut avoir peur de demander de l'attention, de déranger. En français, l’expression "souffrir en silence" indique que le fait de taire sa douleur serait vertueux, dénoterait une force de caractère. Dire "j'ai mal", c'est accepter de s'exposer à l'autre dans un moment de vulnérabilité. C'est lui conférer le pouvoir de nous écouter et de nous venir en aide.

Alors que se passe-t-il quand la personne à qui on accorde cette confiance refuse de nous croire ? Si elle balaie d'un revers de main la douleur que nous tentons de lui communiquer ? Dans cet épisode d'Émotions, nous explorons ce qu'il se passe lorsque la douleur est niée.

Voir sa douleur niée peut arriver à tout le monde bien sûr, mais certaines personnes risquent plus d'en être victimes. Karima nous raconte comment à plusieurs reprises au cours de sa vie, on n'a pas voulu la croire lorsqu'elle exprimait sa douleur et comment des stéréotypes racistes ont empêché certains médecins de prendre ses symptômes au sérieux. Nous parlons ensuite avec Martin Winckler, médecin généraliste et écrivain, qui lorsqu'il était jeune médecin s'est retrouvé de l'autre côté du diagnostic.

Enfin, nous nous posons la question de ce que cette négation provoque en nous. C'est Smadar Bustan, philosophe et chercheuse à l'Inserm, qui nous explique la distinction entre souffrance et douleur. Grâce à elle, nous avons compris pourquoi voir sa douleur niée, entendre des phrases comme "roh, ça va, arrête de faire ta chochotte", était si insupportable et ne faisait qu'ajouter de la souffrance à la douleur- car souffrance et douleur sont deux choses distinctes.

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Le trac : si vous l’avez c’est une bonne chose

Illustration : Jean Mallard

Illustration : Jean Mallard

Ça y est le moment est venu, vous devez vous lever et parler devant tout le monde, votre cœur palpite, votre respiration est saccadée, vos mains moites. Impossible de vous souvenir de votre présentation, de votre morceau de musique, des pas de votre chorégraphie, dans votre esprit tout est blanc, tout est vide. Vous bafouillez… Vous avez le trac.

Nous aussi, en préparant ce premier épisode d’Émotions, on a eu l’impression d’être cachées derrière un rideau, en coulisses, là où rien n’est encore arrivé et que tout peut advenir. Le trac, c’est l’émotion de l’avant, du moment juste avant d’oser faire quelque chose devant les autres. De présenter son travail, par exemple. C’est donc dans notre propre trac qu’on a décidé de se plonger pour ce premier épisode : pourquoi a-t-on le trac ? N’existe-t-il que pour nous faire perdre nos moyens ? Est-ce que, en France, on l’aurait particulièrement ?

Nous avons rencontré deux personnes, un avocat et un jeune dessinateur, qui ont vu leurs vies bouleversées par le trac. La psychiatre Christine Barois nous a expliqué pourquoi avoir le trac, c’était avoir peur d’être seul.e. Patrick Tort, théoricien des sciences et expert de Charles Darwin, a démenti une théorie largement partagée selon laquelle Darwin a théorisé le trac et nous a proposé la sienne. En préparant l’émission, nous avons aussi beaucoup entendu le cliché selon lequel «les français» seraient «nuls à l’oral» contrairement aux États-Unis par exemple. On est donc allé.e.s discuter avec l’humoriste Sebastian Marx, un américain installé à Paris depuis plus de dix ans et avec Roberte Langlois, docteure, professeure des écoles, chercheuse en sciences de l’éducation, spécialiste de la place de l’oralité dans l’école française.

Nous espérons donc, qu’après cette émission, vous serez moins désemparé.e.s la prochaine fois que vous sentirez le trac monter en vous et que vous vous réconcilierez avec l’inconfort qu’elle nous procure.

N’hésitez pas à nous raconter vos histoires de trac sur Twitter ou sur Instagram ! S’il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, n’hésitez pas à nous écrire sur Instagram, Twitter ou hello@louiemedia.com.


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